Historiquement, les métis
sont le produit de mariages entre les citoyens des Premières Nations
(Indiens) et les nouveaux arrivants qui se sont installés dans ce
pays. Les métis sont devenus le produit de cette union, et nous
avons développé un style de vie unique en son genre. Les
métis se sont vite adaptés aux deux cultures de leurs ancêtres,
celle des Premières Nations et celle des nouveaux arrivants.
Les métis, avec
l'aide du savoir des Premières Nations et de la technologie européenne,
sont devenus une force dominante dans l'ouverture de toutes les colonies
de l'Amérique du Nord.
Leurs rôles comme
traiteurs, transporteurs, marchands, politiciens et traducteurs ont été
documentés par plusieurs historiens et sociologues et surtout dans
la tradition orale des métis.
Malheureusement, une telle
réputation à été un peu ternie à cause
du rôle que nous avons joué avec la rébellion des patriotes
de 1837, la rébellion de 1870 et celle de 1885.
De toute façon
la complexité de l'identité Métis, si complexité
il y a, c'est ce qui rend les métis uniques en leur genre, parce
qu'ils peuvent choisir leur identité de n'importe quelle manière.
Les Citoyens des Premières
Nations et ceux des nouveaux arrivants qui sont métissés,
sans importance de combien de sang de l'un ou de l'autre ils possèdent,
ces individus peuvent toujours se considérer des Citoyens des Premières
Nations ou des Québécois ou des Canadiens mais ne peuvent
jamais renier leur métissage. Ce métissage sanguin ne veut
pas dire nécessairement qu'ils possèdent la mentalité
métis ou qu'ils sont culturellement, politiquement, socialement
et spirituellement des métis.
C'est pourquoi il y a des personnes métissées qui sont devenues des citoyens des Premières Nations et d'autres qui sont devenues des Québécois ou des Canadiens et d'autres qui sont devenues des métis.
Pour ceux qui s'identifient comme métis, cette reconnaissance d'eux- mêmes comme Nation distincte des Premières Nations ou des autres nations au Québec, a repris naissance suite à cette dissociation des Indiens des Premières Nations envers les métis pour des raisons politiques, sociales et économiques, des facteurs linguistiques, apparence physique, historique et association, comportement, occupation, différentes visions culturelles, politiques et spirituelles.
Tous ces facteurs dominent
et contribuent à l'identification distincte des métis.
Avec la fierté
des métis qui émerge, et suite à une nouvelle reprise
culturelle, sociale, politique et spirituelle de ce que sont les métis
au Québec, l'identité nationale des métis refait surface
de la part des individus qui adhèrent à la renaissance des
métis au Québec, loin des stéréotypes et de
l'image de ce que les autres voudraient que l'on soit comme métis.
Aucune autre Nation n'a le droit de nous définir.
Les métis sont
différents des Indiens et des nouveaux arrivants métissés
car ils reconnaissent leur origine européenne, africaine, asiatique
tout comme leur origine autochtone. L'identité Métis est
basée sur l'hérédité et un style de vie et
non sur la quantité sanguine de l'une ou de l'autre Nation qui l'a
conçue.
Être métis,
cela se situe entre les deux oreilles, à-travers la raison et par
le coeur. Les métis ne possèdent ni la mentalité des
citoyens des Premières Nations ni celle des autres. Les métis
sont un peuple aborigène distinct des autres peuples. Les métis
ne sont ni des rouges, ni des blancs, ni des noirs, ni des jaunes de la
roue médicinale des peuples de la terre. Ils sont métis et
ils se situent dans le centre de cette roue. Toute autre définition
de métis sert à créer la division au lieu de l'unité
du peuple métis.
Il est quand même
important de noter qu'au Québec, plusieurs Nations autochtones ou
autres ont une population très métissée et qu'elles
ne s'identifient pas comme métis.
Pour être métis
aux yeux des autres, un métis doit démontrer son origine
autochtone, mettant l'emphase qu'ils sont prêts à nous reconnaître
seulement si nous sommes d'origine des Premières Nations. Mais pour
nous les métis, nous devons aussi reconnaître notre autre
origine pour être métis.
Notre histoire comme métis
au Québec, comme un peuple fier et ambitieux, a besoin d'être
réécrite, et surtout d'être mise en valeur. Des discussions
doivent avoir lieu dans nos communautés pour éclairer et
augmenter l'identité Métis, dans le respect de nos différences
spirituelles, linguistiques, et régionales.
Notre population au Québec
est composée de tous ceux et celles qui sont et qui s'identifient
comme métis, selon le code d'appartenance communautaire régissant
l'effectif de la Nation Métis au Québec.
Nous, les métis
dans la province de Québec, ne faisons pas partie, ni par circonstance
et ni par privation d'appartenance, ni à l'une ou l'autre de nos
Nations d'origine, nous n'appartenons qu'à la Nation Métis.
Il ne faut pas oublier
que si nous sommes des métis, c'est parce que nous avons été
façonnés et que nous sommes le résultat de la mentalité
et des connaissances de deux différentes Nations et que nous n'avons
pas qu'à nous garocher sur nos origines issues des Premières
Nations pour démontrer que nous sommes métis. Les métis
ne peuvent pas oublier ou ignorer tous leurs ancêtres.
Eux aussi ont besoin d'être
reconnus et nous acceptons les deux côtés de notre héritage
culturel.
L'histoire des revendications
de métis du Bas-Canada, au Québec, au Nouveau Brunswick,
en Nouvelle Écosse, au Labrador et à l'Ile du Prince Edouard
a établi la forme de pensée et soutenu la philosophie politique
métisse de la région des provinces des prairies à
laquelle adhéraient déjà les familles métisses
au Québec telles la famille Riel, la famille Dumont, la famille
Morin, la famille Bhonet, la famille Desmeules et la famille Rivard et
bien d'autres pour ne pas toutes les nommer.
Le départ du Bas-Canada de ces familles déjà imprégnées de leur identité métisse pour la terre promise de la Nation Métis et orchestré par Louis Riel était la promesse d'un territoire accessible aux métis, loin de l'emprise et des contraintes politiques que tous les métis subissaient dans le Bas-Canada.
Pour les métis
de l'Est, surtout ceux du territoire de la Proclamation Royale, tout comme
nos frères et soeurs de la Nation Métis de l'Ouest, nous
n'avons jamais abandonné cette lutte à revendiquer notre
place et à être acceptés et reconnus pour ce que nous
sommes et ce que nous avons toujours été même aujourd'hui,
n'importe où que nous habitions au Canada.
La population de la Nation
Métis au Québec, tout comme celle de l'Est du Canada, regroupée
sous la Confédération des Métis suite au refus de
nos frères et soeurs de l'Ouest à nous reconnaître
et nous inclure dans l'Accord de la Nation Métis, est prête
à entamer, de bonne foi, des négociations pour la mise en
application de ses droits à l'autonomie gouvernementale, incluant
les questions de sa juridiction sur son développement économique,
social, politique et culturel, de ses arrangements fiscaux, la gestion
des terres et ressources, les ressources financières nécessaires
à la négociation à partir des prélèvements
d'impôts des citoyens métis par le gouvernement fédéral
et provincial, la délégation des coûts d'institutions
gouvernementales, programmes et services, transferts de paiement, la protection
de tous ses engagements existants, les certitudes légales entre
tous les métis et le Canada.
Administativement, la
loi sur les Indiens n'est pas et ne sera jamais la loi qui régit
l'effectif de la Nation Métis au Québec, comme la loi sur
les Indiens régit l'efffectif des membres des bandes indiennes des
Premières Nations.
Par contre, ceux qui s'identifient
à la Nation Métis au Québec peuvent eux aussi être
reconnus par la loi sur les Indiens tout comme ceux qui s'identifient aux
11 Nations du Québec, tels les Cris, les Mohawks, les Montagnais,
les Algonquins etc. La Nation Métis est distincte et est la 12ième
Nation au Québec.
Il est vrai que notre
héritage culturel autochtone est humble et beau, mais nous avons
l'obligation et la responsabilité d'honorer la philosophie et le
style de vie de tous nos pères et de toutes nos mères. Notre
amour filial et notre gratitude envers nos ancêtres nous rend fièrs(es)
de dire que nous sommes aujourd'hui des citoyens de la Nation Métis.
LE GROUPE