DU
QUÉBEC
PROPOSITION POUR SORTIR DE L'IMPASSE
UN AGENDA MÉTIS, PAR DES MÉTIS
POUR DES MÉTIS,
PAS
MOINS
Si les métis ne
veulent pas collectivement passer complètement à côté
des véritables questions qui les touchent, il faut que l'agenda
Métis soit guidé et mené par des métis convaincus
de ce qu'ils sont, si ils veulent s'assurer que cet agenda ne soit pas
changé ou oublié, du tout au tout, par un conseil d'administration
qui lui, a souvent d'autres préoccupations à satisfaire,
surtout lorsque les assemblées annuelles et les élections
partisanes sont terminées.
C'est pourquoi il est
tout à fait normal que la population métisse s'interroge
elle-même sur le plan politique du seul organisme qui nous représente.
Celui-ci favorise-t-il vraiment un système démocratique où
les besoins des métis sont réellement privilégiés
et adressés. Si nous voulons sérieusement sortir de cette
impasse et passer à travers cette difficile période, il nous
faut revenir à la base de notre identité métisse et
de nos obligations en tant que métis.
Nous ne pouvons plus véhiculer
l'idée que nous sommes ou que nous pouvons nous cacher derrière
le mot autochtone. Nous devons aller chercher un mandat démocratique
métis clair, par les métis et pas par d'autres.
Seul ce mandat légitime
est nécessaire pour faire avancer notre dossier le plus important,
l'organisation de la Nation Métis au Québec par et pour des
métis.
Nous devons savoir, hors
de tout doute, et une fois pour toute, si oui ou non la population métisse
va se lever debout. Elle n'a jamais eu l'occasion de se prononcer sur cette
question et c'est peut-être le temps de le faire.
Pour négocier,
nous les métis devront nous organiser et démontrer une fois
pour toute qui nous sommes. Nous devons passer à l'énumération
des métis, par des métis selon un code de citoyenneté
communautaire régissant notre effectif national métis.
Un autre élément
important au dossier est la présence de nos frères et soeurs,
les Indiens hors-réserve au sein de la seule association qui nous
représente, l'Alliance Autochtone du Québec.
Depuis les quatre dernières
années, les métis ont constaté que les Indiens hors-réserve
de l'Alliance se sont regroupés et n'ont pas cessé de demander
de négocier, séparément, des ententes que pour les
Indiens. Prenons l'exemple du Programme des Chemins de la réussite.
Certes, les métis auraient souhaité une meilleure collaboration
surtout pour contrer la proposition de définir les métis
en tirant une ligne à une troisième génération
pour les programmes autochtones gouvernementaux du fédéral
et du provincial. Il n'y a pas de limites de générations
en ce qui concerne le peuple métis et c'est souvent ce fait qui
rend certains de nos frères et soeurs statués(es) mal à
l'aise.
Les métis sont
conscients que le projet de société des indiens hors-réserve
peut être différent du projet de société des
métis. Il faut se respecter mutuellement. Il faut arrêter
de se faire mal. Il faut s'entraider. L'organisation et la reconnaissance
de la Nation Métis, la 12ième nation autochtone
au Québec est l'affaire des métis et le travail devra être
fait pas des métis.
Il reste maintenant à
la population métisse de décider si, oui ou non, elle pourra
enfin se lever et prendre sa juste place. Il reste aussi à nous
identifier comme métis et de croire à notre avenir.
Sans plan d'action politique
clair pour les métis, peut-on croire aux méthodes employées
actuellement qui consistent à aller quémander aux ministres
ou aux fonctionnaires du gouvernement, des appuis avec des résultats
que nous tous, les métis, connaissons. C'est toujours cette formule
qui a mené les métis à un cul-de-sac. Pourquoi que
les métis reprendraient encore le même chemin pour ne rien
obtenir encore et encore. Voyons les métis, nous sommes plus sérieux
que ça.
LE GROUPE