LE DOSSIER CONSTITUTIONNEL

ET

L'AUTONOMIE GOUVERNEMENTALE DE LA

LA NATION MÉTIS AU QUÉBEC

DEVANT LE DOSSIER CONSTITUTIONNEL

LES MÉTIS SONT LES ARCHIVES VIVANTES DES PREMIÈRES ENTENTES ENTRE LA GRANDE CONFÉDÉRATION DES NATIONS AUTOCHTONES DE L'EST DE L'ÎLE DE LA TORTUE ET LES NATIONS DES NOUVEAUX ARRIVANTS. LES MÉTIS ONT LA MÊME VALEUR LÉGALE QUE DES PARCHEMINS ÉCRITS. LES MÉTIS SONT DES TRAITÉS VIVANTS.

CLAUDE AUBIN

Renoncer à reconnaître l'authenticité de l'origine de l'appartenance spirituelle des métis au Québec, c'est tout comme refuser d'accepter dans l'égalité que les métis sont des êtres humains à part entière, capables de se regrouper et de se rattacher politiquement et culturellement à un peuple, une nation, et d'être responsables d'une gestion gouvernementale globale, selon un contexte social, spirituel et culturel bien défini.

Aujourd'hui, nous sommes pris dans une contradiction culturelle imposée par la rencontre d'un autre monde où, d'un côté, nous avons les traditionalistes autochtones qui nous disent que la terre ne nous appartient pas, que nous appartenons à la terre et que nous avons une obligation de la protéger et, de l'autre, nous devons faire face au contexte de l'appropriation d'un territoire de façon privée ou commune par des individus ou des nations, qui pour des raisons strictement matérielles sont prêtes à mourir pour maintenir l'exploitation et assurer la juridiction de chaque pouce d'un territoire.

Chez-nous les métis, tout comme nos frères et soeurs des nations autochtones, on parle de survie, des produits de la terre et des animaux qui nous sont accessibles pour vivre une vie saine. Notre philosophie de vie est basée sur une harmonie spirituelle globale, où l'être humain est en équilibre avec le monde animal et végétal. L'eau, l'air, la terre et le feu sont nos cadeaux terrestres les plus précieux pour notre survie.

UNE POLITIQUE QUÉBÉCOISE EN MATIÈRE AUTOCHTONE À

L'INTÉRIEUR D'UNE CONSTITUTION STRICTEMENT QUÉBÉCOISE

D'un autre côté, tout comme les canadiens, les québécois annonçaient leurs intentions d'élaborer une politique en matière autochtone pour rendre égales les chances de survie du Québec avec les nations autochtones. Par contre, les autochtones se retrouvent encore une fois par cette intention, face à face avec un processus constitutionnel à caractère typiquement québécois, en inégalité avec les autochtones, et semblable à celui du processus constitutionnel canadien.

Ce processus de développement d'une politique québécoise est semblable à celui de la loi constitutionnelle canadienne de 1982 qui ne reconnait pas une juridiction originaire individuelle ou collective des autochtones, et qui ne protège pas les droits ancestraux. Pour les métis, la proposition de cette politique québécoise nous encadrera à un processus qui nous contraindra d'évoluer et de faire valoir notre vision culturelle, sociale, spirituelle et politique de la gestion globale du territoire ancestral qui appartient à toutes les nations autochtones du Québec.

Se faire encadrer dans une vision constitutionnelle canadienne ou québécoise d'un monde matérialiste, sans l'appui d'une vision autochtone, c'est comme abdiquer ses droits autochtones fondamentaux à sa propre survie, celle des plantes et des animaux. La vision autochtone est basée sur une expérience technologique antérieure vieille de plus de 25,000 ans et qui avait déjà détruit plusieurs sociétés dans le monde du passé et qui malheureusement est sur le point de détruire la société mondiale d'aujourd'hui.

Les canadiens et les québécois en sont peut être arrivés à un moment historique où ils devront écouter les peuples autochtones pour régler les questions primordiales de survie, telles que la pollution de l'air et de l'eau et la façon d'exploiter la terre, parce qu'elles sont suffisamment importantes pour que tous s'en occupent et l'incluent dans ce dossier constitutionnel québécois.

Les questions constitutionnelles ne sont définitivement pas juridiques et relèvent d'une volonté politique individuelle ou commune pour contrer une vraie pollution constitutionnelle qui détruit notre pays et la planète.

UNE CONSTITUTION À LA MANIÈRE D'UNE VISION MÉTIS.

Le défi constitutionnel réel pour les métis et la plupart des autochtones ne consiste pas qu'à définir des droits de parts et d'autres, mais plutôt des droits à la vie de la septième génération d'autochtones à venir. Cette constitution basée sur une vision autochtone globale auxquels des éléments tels que les plantes et les animaux possèdent leurs droits respectifs dans ce nouveau contrat social. Un pays ou vivent plusieurs éléments de lois naturelles, il ne peut y avoir un épanouissement réel de l'un sans l'épanouissement des autres éléments.

Selon la constitution de la Grande Confédération des peuples autochtones et leurs lois coutumières particulières, les peuples autochtones ont le devoir et l'obligation de respecter dans toutes leurs négociations, la protection de la terre qui leur a donné la vie. Les québécois et les canadiens doivent se rappeler de l'existence de cette réalité qui caractérise et influence les négociations des peuples autochtones dans le dossier constitutionnel canadien, et les conséquences inestimables qui en découlent.

C'est à partir de cette vision globale que les autochtones désirent prendre leurs décisions et qui, nous en sommes convaincus, porteront fruit pour l'avenir. Les autochtones veulent concentrer leur attention sur la qualité spirituelle de leur vision constitutionnelle afin de réussir à dépasser les limites de l'immédiat.

Cette vision constitutionnelle doit dépasser aussi les limitations du poids démographique et territorial des autochtones. Elle ne doit pas être limitée à la vision restreinte de l'esprit éthnocentrique et nationaliste des québécois des Premières Nations ou des canadiens. Elle ne doit pas être semblable aux visions colonialistes de l'apartheid qui ont créé les indiens, une loi sur les indiens et les réserves indiennes et fauniques.

Étouffer l'esprit constitutionnel des autochtones à un espace géographique a permis aux québécois de négocier l'entente de la Baie James, au détriment des autres nations autochtones qui habitent le territoire du Québec.

Cette vision d'autonomie territoriale des canadiens et des québécois, basée sur un nationalisme matérialiste d'enclave territoriale, a par le même processus restreint les autres nations autochtones du Canada et du Québec à suivre le même cheminement d'égocentrisme national. Certaines nations autochtones n'ont plus d'autre alternative que de se limiter aux superficies restreintes des réserves fédérales du sud, ou n'ont même pas de territoire autre que celui d'une petite réserve ou dans le cas des métis de leur propre propriété privée.

Les nations autochtones sont à la merci du chantage politique des gouvernements canadiens et québécois. Il n'en demeure pas moins que les nations autochtones du nord du Québec tels les Cris, auront un jour une responsabilité culturelle et spirituelle à subvenir aux autres nations autochtones du Québec advenant la réorganisation de la Grande Confédération des peuples autochtones.

TRAITÉ DE 1701- PREMIÈRE CONSTITUTION CANADIENNE

C'est en 1701, que la Grande Confédération des nations autochtones de l'Est invitait amicalement à se joindre à elle, les nouveaux arrivants sur le territoire de l'île de la Tortue. Ces nouveaux arrivants étaient les français, les anglais et les hollandais. L'invitation avait été faite dans le respect de la survie de toutes les nations, basée sur un espace spirituel de l'occupation de tout le territoire et qui permettait ainsi à tout ce monde, l'accessibilité et l'exploitation commune d'un territoire et de ses richesses naturelles qui appartenaient à la Grande Confédération de l'Est de l'Amérique du Nord.

De cette façon, la constitution de la Grande Confédération des peuples autochtones guarantissait l'unité, la paix et l'égalité de tous et pour tous, ainsi qu'aux nouveaux participants de la Grande Confédération. A cette époque les nouveaux arrivants devaient se conformer aux ententes qu'ils avaient acceptées pour survivre sur ce nouveau territoire commun, loin de la décadence sociale et politique de leur vieux pays.

Voila peut être le plan d'une entente constitutionnelle canadienne que les métis d'aujourd'hui désirent voir évoluer, et que cette évolution prenne le tournant d'un caractère et d'un esprit confédéral qui invite des peuples, des nations à s'unir, plutôt que des entités politiques provinciales établies sur des territoires provinciaux.

Le développement de la constitution d'une confédération canadienne devrait-elle tenir compte des contextes historiques propres aux nations autochtones et ce bien avant la venue des français, des québécois et des anglais?

Les métis désirent vous rappeler que l'histoire politique de la Grande Confédération des peuples autochtones et ses systèmes gouvernementaux avaient été établis, pensés et réfléchis à partir d'expériences vieilles de millénaires et non pas à partir d'un système européen toujours en crise, en révolution ou en guerre à presque tous les cinquante ans. La Grande Confédération des peuples autochtones n'a jamais été établie à partir d'un système matérialiste ou sous le contrôle d'une élite de profiteurs qui établissent des lois ou des politiques pour les riches et pour les pauvres ou d'une loi pour protéger les plus forts.

Comment les métis peuvent-ils inciter les canadiens, les Premières Nations et les québécois à nous écouter?

Doit-on vous proposer un changement constitutionnel basé sur notre vision confédérale pour formuler une nouvelle constitution canadienne?

Devons-nous encore une fois réagir et refuser ce que les québécois et les canadiens et les Premières Nations veulent bien nous offrir?

Devrons nous proposer la constitution confédérale des peuples aborigènes pour rétablir notre Grande Confédération autochtone?

En tant que peuple autochtone constitué dans une Grande Confédération de gens, de tribus et de nations, allons-nous attendre la destruction de toutes les richesses naturelles pour vous faire réagir et vous faire comprendre notre vision d'une constitution confédérale internationale?

En ce qui concerne le tournant écologique, les métis croient que la vision constitutionnelle doit être radicale. Le réalisme nous invite à tenir compte de notre histoire, de nos expériences, de nos idées, et de nos engagements culturels et spirituels envers la protection du sol sur notre pays.

Du tout début de notre Grande Confédération, la compétence des nations autochtones et la juridiction originaire des individus et des nations autochtones s'exerçaient sur tout le territoire de l'île de la Tortue.

Malheureusement pour le métis, depuis le début de la fédération canadienne, la compétence fédérale sur les autochtones s'exerçe que pour les indiens et que dans les réserves.

RESTRICTIONS DES DROITS INDIVIDUELS DE LA PRÉSENTE

PROPOSITION CONSTITUTIONNELLE CANADIENNE

Est-ce que les métis qui résident au Québec ont abdiqué à qui que ce soit, leur lien et leur appartenance à la Grande Confédération des peuples autochtones, ou renoncés aux compétences et aux liens de la constitution de la Grande Confédération des peuples autochtones ?

Est-ce que la constitution de la Grande Confédération limitait l'accès de la juridiction des nations autochtones, des anglais, des français ou des métis que sur des réserves mises à leur disposition et à leur usage exclusif?

Doit-on comme métis proposer de réactiver la constitution de la Grande Confédération des peuples autochtones et nous retirer du processus constitutionnel canadien?

Doit-on activer la constitution de la Grande Confédération et inviter les nouveaux arrivants à se joindre à nous pour un nouveau partage des pouvoirs, considérant la constitution canadienne comme faisant partie intégrale de la constitution de la Grande Confédération des peuples autochtones de l'Amérique du nord?

Doit on comme métis inclure dans ce nouveau partage des pouvoirs l'application de notre propre constitution confédérale?