MES ORIGINES
Lorsque je me suis garoche a chercher mes origines, je me suis apercu
que j'avais completement oublie qui j'etais. Je croyais qu'il fallait que je
sois completement un Indien, un Malecite pur laine pour etre reconnu
comme un Autochtone. J'etais tanne d'etre dans la marge, un Metis, un
marginaux, constamment traite de Wannabe par ces Indiens de reserves
qui appartiennent au gouvernement avec une identite etrangere de
cartes plastifiees. Ceux qui vivent sur ou hors des reserves, ou par ces
Metis de l'ouest c'est Metis territorial qui n'ont aucune connaissance ou
qui refuse pour des raisons strictement politique par peur de se faire
envahir par toutes la population Metis du Canada,de reconnaitre l'origine
de leur culture et de la philosophie Metis et surtout de l'origine de leur
histoire spirituelle,
culturelle, politique et sociale.
De plus il y a ces Quebecois et ces Canadiens qui s'acharnent a vouloir
nous faire devenir des Indiens d'une deuxieme generation de sang pour
devenir des membres des Premieres Nations Autochtones, sans aucune
consideration que peut etre certains d'entre nous ont peut etre aussi
choisi d'appartenir a
la Nation quebecoise ou Canadienne.
Depuis ma prise de conscience, j'ai voulu inconsciemment devenir
quelqu'un que je n'etait pas, pensant que c'etait la seul facon de me faire
accepter par tous et chacun, surtout ceux des Premieres Nations. Je me
suis meme convaincu dans cette recherche de mon identite que j'etais et
que je devais etre qu'un Malecite, oubliant ainsi de reconnaitre l'autre
parti de moi, mon vrai moi. J'ai organise la Nation Malecite a Viger, celle
de mes ancetres Malecites paternels, croyant que cela serait ma solution
a moi pour retrouver mon identite et ma famille communautaire. Le resultat
fut devastateur.
Avec le temps je me suis donc completement debalance car la realite du
monde Malecite etait tres differente. Vivre chaque jour comme un Indien
ou un Malecite et dire une fois de tant a autre que tu es Malecite, c'est
tres different. J'avais l'impression de porter un costume toxedo quand je
portais seulement mes
jeans.
Je subissais l'insecurite des Metis de l'ouest structures dans une
organisation corporative nationale de broche a foin. Je vivais l'enfer du
raciste de ses Indiens de cartes en plastique avec une nouvelle identite
culturelle indienne. Je devais sans cesse subir leurs regards et
expliquer comment un gars a la peau blanche et aux yeux bleus etait un
Autochtone et participait au debat constitutionnel a partir de la table
reservee aux Indiens.
Ca ne faisait pas de sens pour les Indiens des reserves, ceux du Conseil
National des Autochtones et surtout ceux des Premieres Nations. Malgre
toute ma bonne volonte a me faire croire que j'etais un Malecite, j'etais
mal dans ma peau. J'en pouvais plus de porter un costume qui n'etait pas
le mien et qui ne me faisait pas. Je devais me brancher car je sentais que
mon discours etait irrealiste dans la realite Autochtone. J'etais tanne
de jouer des jeux politiques pour me faire accepter parmi les Malecites et
parmi la population des Nations Autochtones, surtout celles qui utilisent le
terme Indien pour se
donner une identite.
Je croyais que ma reconnaissance Autochtone passait que par la
reconnaissance de la loi sur les Indiens et que par l'acceptation d'une
Premiere Nation Autochtone. Dans mon cas appartenir aux Malecites de
Viger quand j'etais un Amalecite de l'Ile Verte. J'avais completement
oublier qui j'etais et
ce que j'etais devenu.
Je suis un Metis et je ne serai jamais tout a fait un Malecite ou un Huron,
ou tout a fait un ecossais ou un Quebecois pur laine, Je suis et je ne
serai jamais ni l'un ni l'autre meme si j'essaye de m'y faire a croire. Je
suis Metis meme dans la dualite de ma propre contradiction.
QUI SUIS-JE
Nee Dans la Province de Quebec, je suis le plus vieux d'une famille de
sept enfants qui a vecu loin de sa famille, de ses freres et de ses
soeurs. Des l'age de six ans, j'ai vecu et dormi ma jeunesse dans les
dortoirs de differents pensionnats a denomination catholique au Quebec
et au Nouveau Brunswick. Je suis ne d'une famille que j'ai toujours
considere comme Quebecoise. Au fils des annees, j'ai decouvert qu'elle
avait ses secrets familiaux et que l'on ne devait pas en parler. Elle etait
rattachee aux Hurons Wendats de Loretteville du cote de ma mere avec
la famille Martineau et Turcotte, aux Malecites du Bas Saint-Laurent du
cote de mon pere avec la famille Aubin et au Montagnais des Escoumins
du cote de ma grand-mere
Ross.
Toute ces belles familles etaient de souche Metis avec une
philosophie Metis qui leur etait toute particuliere. Jamais on en parlait en
famille ou publiquement de notre lien aux Nations Autochtones du
Quebec, sauf les quelques conversations avec ma grand mere
maternelle et avec ma tante Jeanne la soeur de mon pere. Naturellement
au sein de la famille ont a toujours souleve notre lien au Francais qui sont
devenu des Quebecois et aux Ecossais du cote de la grand mere
paternelle de la famille Ross sans vraiment savoir d'ou venait tout ce
beau monde.
Ce n'est que lorsque j'ai rencontre et que je me suis marie avec
une femme de la Nation Cris de la Saskatchewan que certains membres
de ma famille ont commence a m'envoyer des messages verbaux. A
l'epoque tous ces messages ont ete enregistres dans ma tete, mais ils
etaient demeures sans interet."Tu sais Claude ton pere a sorti et failli se
marier avec une indienne lorsqu'il etait jeune, Me disait ma mere."Viens ici
Claude je vais te montrer une photo de ton arriere Grand pere Martineau
qui date de 1898. Il etait vetu d'un grand manteau militaire bleu marin avec
une bordure rouge, une coiffe de plumes que porte les Chefs Huron
Wendat, une ceinture flechee, des brassards d'argent, une chemise
fleurie a rubans, une ceinture de Wampum a l'epaule et des mocassins.
La photo est accompagnee d'une lettre adressee a un de mes freres" me
dit ma Grand mere.
Cette lettre attestait mes arrieres grands parents, le pere de ma
grand mere comme faisant parti de la Nation Huronne Wendat. Cette lettre
avait ete envoyee par le Curee de la paroisse, suite a la remise de ces
objets au musee du village Huron a Loretteville. Ces objets avaient ete en
possession du frere de ma grand mere Martineau. Les objets etaient un
cadre de mon arriere grand pere et grand mere avec un certificat
attestant qu'il avait ete nomme Chef honoraire, et tout son habit
traditionnel de la photo, manteau long, mocassin, coiffe de plume,
ceinture flechee, chemise a ruban, bandeau d'argent que l'on portait au
bras et la ceinture de
Wampum qu'il portait sur son epaule.
Ce n'est que beaucoup plus tard dans ma vie que je ferai la
connexion des ceintures de Wampum avec mon arriere grand pere et du
travail spirituel que je fais presentement. On avait nomme mon arriere
grand pere Martineau Chef honoraire pour qu'il puisse sieger sur le
conseil de la Nation et representer ceux qui a l'epoque etaient des Metis
et qui ne vivaient pas sur la reserve. Son nom etait Ati-Atisa, qui veut
dire en Huron Wendat, l'ami des fleurs. Il representait ceux qui vivaient
dans les quarante arpents, a Val Bel-Air ou aux alentours de la vielle
reserve huronne de Rocmont tout pres de Saint-Raymond de Portneuf.
Cette reserve a ete cedee en 1907 par le Conseil de bande des Hurons
Wendat.
J'etais un jeune homme qui a fait sa vie de jeunesse comme tout les
autres jeunes du monde entier, et s'etait tout. J'avais ete eleve dans un
milieu dit Quebecois sauf que mes parents parlaient l'anglais
couramment.
Je parlais francais et comme la plupart des jeunes Quebecois de la fin
des annees soixante, j'etais pris par le mouvement nationaliste du partie
Quebecois et j'y croyait fermement comme Quebecois. J'avais aucune
connaissances de mon histoire familial ou national. L'ironie etait que je ne
vivait meme plus au Quebec car je l'avais quitte a l'age de 14 ans pour
aller comme pensionnaire a Memremcook pres de Moncton ou j'ai fait
toutes mes etudes collegiales. J'ai quitte le Quebec en 1963 que pour y
retourner qu'en 1982.
J'etais jeune et fier, on me disait idealiste comme tout les jeunes de
l'epoque car l'on croyait que l'on pouvait changer le monde entier. C'etait
en 1982 que j'ai repris possession de ma vraie identite qu'on m'avais
cache et qu'on m'avais enleve pour me faire devenir l'un de ceux qui sont
nees et qui vivent presentement
au Quebec.
Je suis Metis, l'un de ceux qui ont retrouver la fierte et l'humilite de dire, je
suis desole grand mere, je suis desole grand pere de ne m'etre leve
debout avant. Il ne faut pas m'en vouloir, je ne connaissais pas mon
histoire, car on avais omis de me dire qui j'etais. Je suis ceux de cette
Nation Metis a rebatir, a faire reconnaitre et a promouvoir. Je ne suis pas
un Metis par deprivation d'une identite d'une autre Nation, je suis Metis
par choix, dans toute la dualite de ma dualite de ma realite, sociale,
culturelle, politique
et spirituelle.